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Réarmer son voilier : les points à contrôler

25/07/2018

GREEMENT VERIF

En matière de gréement, plus que jamais, l’adage « mieux vaut prévenir que guérir » est d’actualité. En effet, la moindre défaillance peut coûter cher, à la fois au niveau du matériel que d’éventuelles blessures de l’équipage. Un bateau de plaisance sera moins sollicité par les éléments que le voilier de compétition, mais les incidents de gréement ou de voilure se produiront presque toujours durant les périodes de forte sollicitation, donc par vent fort, à un moment où le bateau doit rester manœuvrant et progresser dans n’importe quelle direction.

Eviter de se retrouver dans une situation difficile

Pour éviter de se retrouver dans une situation difficile, voire plus, un examen régulier et minutieux du gréement dormant et de la voilure est la meilleure assurance qui soit. Voilà pourquoi, au moment de la remise à l’eau, un contrôle est nécessaire. Nous parlons ici des éléments importants qui constituent le gréement, et qui ne nécessite pas de démâtage. Certes, une visualisation du mât lorsqu’il est posé sur des tréteaux est évidemment plus facile à terre qu’à flot, en particulier les réas, feux ou antennes situés en tête. L’opération permettra aussi de vérifier commodément l’état de l’embase, du profil et du circuit électrique interne.

 

1. Le pied de mât

La ferrure de pied de mât ne doit comporter aucun signe de faïençage ou d’affaissement du stratifié situé autour. Pas plus qu’il ne doit y avoir d’infiltrations d’eau dans les fibres, la pourriture engendrée provoquant l’affaissement du rempli et par conséquent, de tout le gréement… Le problème est généralement réparable mais coûteux. Si le mât est emplanté en fond de coque, il faut vérifier le niveau de corrosion de la pièce qui baigne parfois dans l’eau des fonds, ainsi que le bon serrage du tirant d’étambrai qui empêche les poulies de renvoi des drisses de soulever le pont…

 

2. Les cadènes

Souvent dissimulées derrière les vaigrages ou les équipets, les cadènes ou leurs tirants ne doivent présenter aucun signe de glissement ou de suintement suspects. Dans le cas contraire, elles présentent un jeu néfaste dont il faudra trouver l’origine exacte : défaut de serrage, fatigue de la cloison, déformation des vis de fixation, mauvais montage. En cas de défaillance, les dégâts seront vite très importants et peut aller jusqu’à l’arrachement d’un morceau de cloison ou le décollement d’une partie du pont. Dommages qui s’ajoutent à ceux du démâtage proprement dit !

 

3. Les câbles

Il faut contrôler le haubanage sur toute sa longueur afin de repérer si les câbles n’ont pas subi des courbures excessives (supérieures à 20 fois le diamètre environ). Les sertissages ne doivent présenter aucun « gendarme » apparaissant sous forme d’un brin cassé. Pas toujours visible, ce défaut se produit généralement au ras de l’embout dont le sertissage non démontable oblige à remplacer le câble en entier. Certains haubans sont dotés d’embouts réutilisables à cône de serrage mais il vaudra mieux remplacer le câble plutôt que de le raccourcir.

 

4. Les ridoirs

Pour éviter toute erreur de manœuvre, il est préférable de monter les ridoirs, avec le pas à gauche dans le sens du serrage, ce qui n’est pas toujours le cas d’origine. Il est recommandé d’assurer les filetages avec du fil inox, moins agressif que des goupilles. Les blocages par contre-écrou tendent à se desserrer avec les vibrations et ne sont pas des plus fiables. Ne jamais remplacer un axe perdu par une vis car sa résistance au cisaillement est 25 % plus faible que la pièce originale et ne jamais réaléser les fixations au diamètre supérieur sous peine de fragilisation des platines et des chapes : c’est le maillon le plus faible d’une chaîne qui casse en premier…

 

5. Les enrouleurs

On peut contrôler rapidement un enrouleur d’étai en mollissant la drisse et en exerçant une traction sur le tambour qui doit tourner sans effort. Un mouvement vertical trop important est le signe d’une forte usure des roulements. Retirer la voile et vérifier l’état du profil creux qui ne doit présenter ni signe de vrillage, ni désalignement des sections, ni jeu excessif sur le câble d’étai. Après démâtage, vérifier aussi le sertissage supérieur, qui, faute d’une tension suffisante, supporte parfois très mal les efforts de rotation transmis par l’enrouleur.

 

 

L’avis de l’expert maritime : Jean-Michel Viant

L’idéal est de se faire une check-list, afin de vérifier, points par points, les différents organes du gréement. Il faut évidemment traquer les traces de corrosion sur le profil, les éléments mobiles (axes, vis-de-mulet, etc.), mais aussi les écrous, les goupilles, les ridoirs, les embouts de barres de flèche, etc. Un nettoyage du gréement courant est conseillé, et pour ceux qui laissent leurs drisses à poste pendant l’hiver, un rinçage à l’eau douce et au savon est conseillé pour supprimer le verdissement. La vérification de la bonne tenue du gréement est primordiale, car les premières navigations de printemps, parfois ventées, peuvent solliciter la structure.

On pense notamment aux parties en plastique (pouliage), qui auraient pu se détériorer sous le coup des UV, du sel, etc. On peut profiter de ce contrôle pour régler le haubanage, au niveau latéral et longitudinal. Un réglage asymétrique va faire que le bateau va marcher différemment d’un bord sur l’autre, entraînant une contrainte sur le mât pouvant amener à la rupture. On va créer des points de force à des endroits qui vont faire travailler le mât là où l’effort est moins habituel. Un démâtage tous les deux ans est recommandé et certaines assurances demandent un changement du gréement tous les dix ans. On peut enfin profiter de ce moment pour vérifier l’isolation galvanique.

 

 

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